On connait tous quelqu’un qui a eu un incident en sentier. Pour certains, cela a été mineur, mais pour d’autres, les conséquences ont été plus sérieuses. Bref, nul n’est à l’abri d’un incident fâcheux lors d’une randonnée. Un incident n’est pas forcément synonyme de capotage et d’opération de sauvetage de grande envergure. On peut parler de coupure, éraflure, piqûre de guêpe dans le casque, de brûlure sur le silencieux ou suite à une manipulation maladroite du poêle au butane.
Personne ne souhaite ces accidents en sentier, mais il faut quand même une planification préalable pour y faire face. En effet, quand le matériel est disponible et qu’on sait quoi faire, le niveau de stress du secouriste baisse déjà d’un cran. Voyons donc les items que vous pouvez mettre en place dès maintenant.
Prévoir un moyen de communication efficace
Lorsque qu’un accident sérieux survient, il peut être nécessaire d’appeler des secours pour évacuer les blessés. C’est essentiel car il est vraiment contre-indiqué de laisser un blessé sans surveillance pour aller quérir physiquement les secours.

Quand on pense appeler de l’aide, on se remet toujours au cellulaire, mais la couverture des réseaux est inconstante et il est probable qu’elle fera défaut dans les contrées reculées. Pour y remédier et assurer une communication d’urgence partout sur le globe, il existe des appareils qui utilisent les réseaux satellites pour lancer un SOS et donner la position. On peut penser aux bornes Spot, aux bornes Zoleo couplées avec votre cellulaire ou encore à la technologie Inreach de Garmin. Certains ne font que transmettre un message préenregistré et la position, alors que d’autres permettent une communication en temps réel avec un interlocuteur. À vous de voir ce qui vous sécurise le plus.
Comme la technologie évolue constamment, les iPhone récents (à partir du modèle 14) et certains appareils Android tels que les Google Pixel 9 et plus récents ont aussi la possibilité de communiquer avec les secours via satellites. Mais ce ne sont pas tous les appareils Android qui peuvent le faire car l’écosystème Android est beaucoup plus fragmenté que celui d’Apple.

Il est important de comprendre qu’une communication satellite d’urgence n’est pas comme une communication normale. Le téléphone transmettra, avec votre position GPS, une demande d’urgence qui sera transmise aux services d’urgence ou au centre de coordination responsable de votre région. Vous pourrez leur expliquer l’état de la situation et de la victime. Toutefois, la communication restera lente et concernera uniquement l’urgence.
Enfin, vous serez content de disposer de votre bloc batterie auxiliaire de recharge quand le niveau de la batterie de votre cellulaire deviendra critique.
La trousse de premiers soins
Bien que beaucoup d’incidents ne soient pas dramatiques, il est plus que souhaitable d’avoir une trousse de premiers soins adaptée à l’activité du quad dans votre coffre. Ne serait-ce que pour ajouter au confort du blessé, rassurer tout le monde et sauvegarder l’esprit de détente de la journée tout en minimisant les risques d’aggravation de la blessure.
Une bonne trousse de premiers soins pour le quad, ce n’est pas une petite pochette symbolique achetée dans une quincaillerie qu’on oublie sous le siège. Une bonne trousse doit être étanche ou résistante à l’eau, facilement visible (rouge/orange) pour être repérée par quiconque dans votre véhicule, ouvrable rapidement avec des gants. Pour avoir un contenu adéquat, attendez-vous à ce qu’elle ait un format d’environ 25 cm x 18 cm x 10 cm. Également, si elle permet de voir et repérer le contenu sans avoir à tout mettre sur le sol pour trouver la pince à épiler, c’est un très gros atout. Enfin, elle devrait être assez grande pour permettre de rajouter quelques items que l’on trouvera utiles dans le futur.

Le matériel que devrait contenir cette trousse devrait ressembler à ceci :
- des gants de latex ou en nitrile stériles
- des pansements adhésifs stériles de formats variés
- des rouleaux et des tampons de gaze stériles
- 1 rouleau de bandage de gaze de 5 cm
- 2 compresses stériles non adhérentes 7,6 x 10 cm
- 8 compresses stériles 7,6 x 7,6 cm
- 4 compresses stériles 5 x 5 cm
- 4 pansements adhésifs pour jointures
- des bandes de tissu élastiques
- du ruban de tissu adhésif
- de l’onguent antibiotique
- de l’onguent pour soulager les piqûres d’insectes
- des serviettes antiseptiques
- des tampons imbibés d’alcool
- du peroxyde
- des pinces à épiler ou à échardes
- des ciseaux
- des épingles de sûreté
- 1 couverture de survie en aluminium
La couverture de survie en aluminium sera grandement utile pour que le blessé en état de choc puisse conserver sa chaleur en attendant les secours. Vous serez aussi content d’en disposer pour le couvrir s’il pleut.



Le contenu doit être revu régulièrement afin de compléter si des éléments viennent à manquer, de remplacer les produits de soins arrivés à péremption ou encore de changer les items abîmés.
Les actes à éviter lors du secourisme
À moins d’être un paramédic dans la vie, il faut éviter de poser des actes qui vont au-delà de vos compétences, même si on est bien intentionné.
Les lois de type “bon samaritain” offrent généralement une certaine protection contre la responsabilité civile aux personnes qui portent assistance de bonne foi lors d’une urgence, particulièrement lorsqu’elles agissent de manière raisonnable et dans les limites de leur formation ou de leurs capacités.
Pour illustrer la chose, on peut dire que le quadiste qui applique une pression sur une hémorragie, appelle les secours, aide à garder la victime au chaud et utilise raisonnablement sa trousse de premiers soins intervient de façon responsable.
Par contre, le secouriste qui est plus audacieux et qui improvise un acte médical invasif, administre des médicaments sans raison valable, déplace inutilement une victime avec suspicion de lésion à la colonne vertébrale, fait un garrot de la mauvaise façon s’expose beaucoup plus à des conséquences judiciaires.
Bien que le geste de donner des médicaments puisse sembler anodin, il faut éviter d’en donner sans nécessité à quelqu’un en état de choc. En effet, la personne peut avoir des allergies inconnues, le médicament que vous donnez peut avoir des interactions avec une médication que le blessé prend déjà. Le médicament pourrait aussi vous donner de la difficulté à évaluer l’état réel de la victime plus tard.
Par exemple, donner de l’ibuprofène à quelqu’un déshydraté ou avec un un trauma interne peut être problématique et certains médicaments peuvent masquer des symptômes importants.

Donc on s’abstient de donner des médicaments autres que ceux prescritss pour la victime (Nitro pour un cardiaque, Épipen pour l’allergie).
Une formation RCR est un excellent investissement pour sauver des vies
Une formation en réanimation cardiorespiratoire (RCR) représente bien plus qu’un simple apprentissage technique. Elle constitue un outil concret permettant d’intervenir rapidement lors d’une situation critique, souvent dans les premières minutes où chaque seconde peut influencer les chances de survie d’une victime. Vous serez capable d’intervenir de la bonne façon au moment opportun et de faire la différence.
Être formé permet non seulement d’acquérir des réflexes essentiels, mais aussi d’être calme et d’avoir la confiance nécessaire pour agir efficacement avant l’arrivée des secours. Même si les équipements d’urgence et les technologies de communication évoluent rapidement, la présence d’une personne capable d’appliquer les bons gestes sur place au bon moment demeure irremplaçable. Investir quelques heures dans une formation RCR, c’est augmenter sa capacité à protéger sa famille, ses amis de randonnée ou même un inconnu lorsque chaque minute compte véritablement.
Rock St-Pierre


